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ChatGPT

Comment je suis devenu “Monsieur ChatGPT”… et pourquoi ça a tout changé

Du co-working où tout le monde me tapait sur l'épaule aux conférences devant 250 personnes : l'histoire de REVOLia, et pourquoi poser un cadre a tout changé.

Par Jean-François Culot ·

Comment je suis devenu “Monsieur ChatGPT”… et pourquoi ça a tout changé

Je mettais mon casque pour travailler. Pas pour faire le DJ, juste pour envoyer un signal au monde : « JF est en mode production, merci de ne pas déranger. » Je cliquais, je me concentrais. Et là, immanquablement, quelqu'un me tapait sur l'épaule.

« JF, je peux te poser une question sur ChatGPT ? »

Je retirais un écouteur, je souriais. J'aime aider, j'aime partager. Et puis, c'était ChatGPT, j'étais dedans depuis le premier jour. Ce que je ne savais pas encore, c'est que cette phrase allait devenir le refrain de mes journées.

Le piège très sympa de la compétence rare

Quand ChatGPT est arrivé, j'ai fait ce que je fais toujours avec un truc qui me fascine : tester, explorer, pousser les limites. Pas vite fait. Sérieusement, méthodiquement. Dans le co-working où je bossais, les gens ont commencé à remarquer.

Au début, c'était léger. « Tu fais quoi, là ? », « Tu peux me montrer ? » Alors je montrais. Puis les questions sont devenues plus précises, plus pratiques, plus collantes. Quel outil pour transcrire un audio ? Pour résumer un PDF ? Pour répondre à un client sans écrire n'importe quoi ?

Ce n'était jamais « juste une minute ». Ça tournait en mini-consultance improvisée : on testait, on comparait, on améliorait. Et j'adorais ça. Sauf qu'à force d'aider tout le monde, je n'avançais plus sur rien pour moi.

Excitation d'un côté, épuisement de l'autre

J'étais sincèrement heureux. Quand quelqu'un comprend, quand l'ampoule s'allume, ça me nourrit, je ne fais pas semblant. Mais il y avait l'autre versant, celui qui s'installe en douceur, comme une fatigue qu'on rationalise : « je réponds vite, puis je reprends. » Sauf que non.

Ma journée devenait un puzzle de 200 micro-moments. Le marketing, repoussé. Les tâches de fond, repoussées. Le vrai travail, je le faisais le soir, parfois la nuit, pour tenir les délais. Le plus troublant, c'est que c'était même valorisant : on m'appelait « Monsieur ChatGPT ». Flatteur, jusqu'au jour où tu réalises que tu es devenu une ressource publique.

La scène qui a tout déclenché

J'avais pourtant trouvé une parade : les écouteurs. Dans un co-working, c'est le panneau universel du « je ne suis pas disponible ». Je les mets, je me concentre, je suis dedans.

Et un jour, malgré ça, on me tape quand même sur l'épaule. Pas un « excuse-moi » hésitant. Un tap confiant, comme si c'était normal. La personne voit bien que je suis concentré, casque sur les oreilles, regard fixe. Et pourtant : « JF, juste une question. »

Là, une pensée très calme m'a traversé : si je ne pose pas un cadre, je vais me faire aspirer.

Le déclic : poser une frontière

Juste à côté, il y avait des bureaux à louer. J'en ai pris un. Pas pour fuir les gens, pas par snobisme : pour arrêter d'être disponible en permanence. Ce bureau, ce n'était pas quatre murs, c'était un message. Content d'aider, mais pas au prix de mes journées. Je l'ai dit aux co-workers tout de suite, sans drame.

Le plus drôle, c'est que ce cadre n'a pas fait baisser la demande. Il l'a révélée.

La preuve que ce n'était pas un truc de geek

Une occasion se présente : une première conférence gratuite pour un groupement d'entreprises. On se dit qu'on teste. Je fais la conf, j'explique, je montre, je vulgarise, je réponds aux peurs et aux « oui mais moi je suis nul en informatique ». Bref, je rends l'IA utilisable sans la dénaturer.

À la fin, on fait circuler un formulaire d'inscription. Affluence. Pas « quelques curieux », un vrai mouvement, qui disait clairement : on en a besoin, maintenant. Ce test est devenu une collaboration qui dure depuis deux ans.

Puis sont venues les plus grosses conférences, 150 à 250 personnes. Et là, un indicateur que je n'oublierai jamais : personne ne sortait son téléphone. Tu sais comme moi que c'est rare. Capter une salle entière aujourd'hui, c'est déjà une performance. Ce n'était pas juste de l'attention, c'était de la présence. Je me suis dit : on tient quelque chose.

La porte qui fait basculer la notoriété

Un ancien collègue, que je connais depuis plus de quinze ans, travaille dans une compagnie d'assurances. Il me voit évoluer, il comprend le besoin, et il fait un truc simple mais décisif : il me recommande. Résultat, une série de quatre conférences qui touchent plus de 1000 courtiers en assurances. Ma notoriété s'installe pour de bon.

Je n'étais plus « le gars qui dépanne dans un co-working ». Je devenais celui qu'on appelle quand une équipe se dit : ok, maintenant on s'y met, mais proprement.

Pourquoi les échecs ont tout changé dans mon récit

J'ai une carte que peu de gens ont : mon passé de joueur d'échecs. Les échecs, c'est l'un des premiers domaines où l'IA a bouleversé la pratique pour de vrai. Pas en théorie, pas dans un PowerPoint, dans la réalité, au point de changer les méthodes, les entraînements et les niveaux.

Alors j'en ai fait ma métaphore. Les échecs, c'est un laboratoire, la preuve vivante que l'IA n'ajoute pas un outil de plus : elle change les règles du jeu. Et ça, les gens le saisissent tout de suite.

Aujourd'hui : moins d'offre, plus d'impact

On a aujourd'hui tellement de demandes qu'on a fait un choix à contre-courant : réduire l'offre. On s'est concentrés sur les personnes qui commencent à utiliser l'IA dans leur métier, et spécialisés là où les besoins sont très concrets : vétérinaires, courtiers en assurances, experts-comptables, entrepreneurs.

On a grandi. Un bureau plus grand, d'autres en vue, des collaborations qui se multiplient avec des centres de formation et des formateurs freelances, parce que le besoin dépasse une seule personne. Mais le cœur n'a pas bougé.

Notre métier tient en une phrase : faire passer l'IA de « ça me dépasse » à « ça me soutient ». Et derrière, la mission est simple, transformer le chaos IA en avantage concret pour les PME : efficacité, confiance, compétitivité.

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