15 févr. 2026

Comment je suis devenu “Monsieur ChatGPT”… et pourquoi ça a tout changé

Échiquier — métaphore de l’IA qui change les règles du jeu
Échiquier — métaphore de l’IA qui change les règles du jeu

Je mettais mon casque pour travailler.

Pas pour faire le DJ, hein. Juste pour signaler au monde : “JF est en mode production, merci de ne pas nourrir.”
Je clique. Je me concentre. Et là…

Quelqu’un me tape sur l’épaule.

— “JF, je peux te poser une question sur ChatGPT ?”

Je retire un écouteur. Je souris. J’aime aider. J’aime partager. Et puis… c’est ChatGPT. Jour 1, j’étais déjà dedans.

Ce que je ne savais pas, c’est que cette phrase allait devenir le refrain de mes journées.

Le piège (très sympa) de la compétence rare

Quand ChatGPT est arrivé, j’ai fait ce que je fais toujours quand un truc me fascine : j’ai testé, exploré, poussé les limites. Pas “vite fait”. Sérieusement. Méthodiquement.

Et dans le co-working où je travaillais, les gens ont commencé à remarquer.

Au début, c’était simple :
— “Tu fais quoi là ?”
— “Tu peux me montrer ?”

Alors j’ai montré.

Puis les questions sont devenues plus précises, plus pratiques, plus… collantes.

— “Tu utiliserais quel outil pour transcrire un fichier audio ?”
— “Et pour résumer un PDF ?”
— “Et pour répondre à un client sans dire n’importe quoi ?”

Ce n’était jamais “juste une minute”. Ça partait en mini-consultance improvisée : on testait, on comparait, on améliorait. Et moi, j’adorais ça.

Sauf que voilà : à force d’aider tout le monde, je me suis mis à ne plus avancer sur rien pour moi.

Le conflit interne : excitation vs. dévoration

Le truc, c’est que j’étais sincèrement heureux. Quand quelqu’un comprend, quand une ampoule s’allume, ça me nourrit. Je ne fais pas semblant.

Mais il y avait l’autre côté.

Celui qui s’installe doucement, comme une fatigue qu’on rationalise :
“Je réponds vite, puis je reprends.”
Sauf que non.

Ma journée devenait un puzzle de 200 micro-moments. Le marketing ? Repoussé. Les tâches structurantes ? Repoussées. Le “vrai travail” ? Je le faisais… le soir. Parfois la nuit. Pour tenir les deadlines.

Et le pire, c’est que ça avait même un côté valorisant : on m’appelait “Monsieur ChatGPT”.
C’est flatteur… jusqu’au moment où tu comprends que tu es devenu une ressource publique.

Le soir, une phrase tournait en boucle dans ma tête :
“Il va falloir que je loue un bureau privé.”

La scène qui change tout

J’avais trouvé une solution simple : les écouteurs.

Dans un co-working, c’est le panneau universel : “je ne suis pas disponible.”
Je les mets. Je me concentre. Je suis dedans.

Et un jour, malgré ça…

On me tape quand même sur l’épaule.

Pas un petit “excuse-moi” hésitant. Non. Un tap confiant. Comme si c’était normal.
La personne voit clairement que je suis concentré. Casque sur les oreilles. Regard fixé.
Et pourtant :
— “JF, juste une question…”

Là, j’ai eu une pensée très calme, très lucide :
“Ok. Si je ne pose pas un cadre, je vais me faire aspirer.”

Le déclic : poser une frontière (physique)

Juste à côté du co-working, il y avait des bureaux à louer.

J’en ai pris un.

Pas pour fuir les gens. Pas par snobisme. Pas parce que j’étais “trop occupé”.
Mais pour arrêter d’être disponible H24.

Le bureau, ce n’était pas juste quatre murs. C’était un message :
“Je suis content d’aider, mais pas au prix de ma vie.”

Et évidemment, je l’ai dit tout de suite aux co-workers. Sans drama. Juste un cadre.

Ce qui est drôle, c’est que le cadre n’a pas diminué la demande.

Il l’a… révélée.

L’étincelle : la preuve que ce n’était pas un “truc de geek”

Une opportunité arrive : une première conférence gratuite pour un groupement d’entreprises.
On se dit : on teste.

Je fais la conf. J’explique. Je montre. Je vulgarise. Je réponds aux peurs, aux fantasmes, aux “oui mais moi je suis nul en tech”. Je fais ce que je sais faire : rendre l’IA utilisable, sans la dénaturer.

Et à la fin, on fait circuler un formulaire d’inscription.

Affluence.

Pas “quelques personnes intéressées”. Non. Un vrai mouvement. Un truc qui dit :
“On en a besoin. Maintenant.”

Ce “test” s’est transformé en collaboration durable : ça fait aujourd’hui deux ans que je travaille avec ce groupement.

Puis il y a eu les conférences plus grosses. 150 à 250 personnes.
Et là, j’ai eu un indicateur que je n’oublierai jamais :

Personne ne sortait son téléphone.

Tu sais comme moi que c’est rare. Aujourd’hui, capter l’attention d’une salle… c’est déjà une performance.
Là, c’était plus que de l’attention : c’était de la présence.

Je me suis dit :
“Ok. On tient quelque chose.”

Le guide : la porte qui fait basculer la notoriété

Un ancien collègue, quelqu’un que je connais depuis plus de 15 ans, travaille dans une compagnie d’assurances.
Il me voit évoluer. Il comprend le besoin. Et il fait un truc simple, mais décisif :

Il me propose.

Résultat : une série de 4 conférences, qui touchent au total plus de 1000 courtiers en assurances.
Et là, ma notoriété s’est vraiment installée.

Je n’étais plus juste “le gars qui aide dans un co-working”.

Je devenais celui qu’on appelle quand une équipe se dit :
“Ok, maintenant on doit s’y mettre… mais proprement.”

Pourquoi les échecs ont tout changé dans mon récit

J’ai une carte que peu de gens ont : mon passé de joueur d’échecs.

Les échecs, c’est un des premiers domaines où l’IA a bouleversé la pratique pour de vrai. Pas en théorie. Pas dans un PowerPoint. Dans la réalité. Au point de changer les méthodes, les entraînements, les niveaux, les réflexes.

Du coup, j’ai utilisé ce monde comme une métaphore :
les échecs ont été un laboratoire. Une preuve vivante que l’IA ne “rajoute pas un outil” : elle change les règles du jeu.

Et ça, les gens le comprennent immédiatement.

Aujourd’hui : moins d’offre, plus d’impact

Aujourd’hui, on a tellement de demandes qu’on a fait un choix contre-intuitif : on a réduit l’offre.

On s’est spécialisé sur les personnes qui commencent à utiliser l’IA dans leur sphère professionnelle.
Et on a verticalisé sur des métiers où les besoins sont très concrets : vétérinaires, courtiers en assurances, experts-comptables, entrepreneurs.

On a grandi. On a un bureau plus spacieux, plus pratique. On envisage même un nouveau local.
Les collaborations avec des centres de formation augmentent. Et on travaille aussi avec des formateurs freelances, parce que le besoin dépasse une seule personne.

Mais le cœur n’a pas bougé.

Notre job, c’est de faire passer l’IA de :
“ça me dépasse”
à :
“ça me soutient.”

Et derrière ça, la mission est simple :
transformer le chaos IA en avantage concret pour les PME : efficacité, confiance, compétitivité.

PS: ChatGPT m'a aussi aidé à rédiger cet article. Tu veux savoir comment?
Envoie-moi un email